mercredi 17 décembre 2003

Albert Uderzo chez les Vikings

Cinéma


A la descente de l'A319 en provenance de Lutèce, un air sec et froid vient nous confirmer que nous sommes bien au Danemark. Albert Uderzo serre la main d' "Eddy le photograf", venu gentiment nous accueillir à l'aéroport, mais qui va rater presque toutes les photos du reportage ci-joint. Heureusement, il parle un français que nous comprenons assez bien, suite à nos longues études. La traversée des faubourgs et du centre ville de Copenhague sous le soleil finit de revigorer Albert un peu endormi par le plateau du petit déjeuner servi dans l'Airbus. Je crois l'avoir entendu murmurer en regardant tristement le ramequin de jambon "pov' bête".
Les studios d'A Films installés dans un ancien atelier nous ouvrent, enfin, leurs portes. C'est la première visite qu'Albert Uderzo effectue depuis la signature du contrat avec M6 pendant l'été 2002 pour la production du 8ème film d'animation d'Astérix. Après les étapes d'écriture du synopsis puis celle du scénario, la production a donc commencé chez nos amis danois. C'est, en effet, à ce studio qui a plus de dix ans d'âge (pas mal pour un whisky dirait le capitaine Haddock), réalisateur et/ou producteur de nombreux films d'animation dont "Gloups, je suis un poisson", inspirateur à coup sûr du "Monde de Nemo" des studios Pixar, qu'a été confié le développement du projet. Adaptée de l'album signé par René Goscinny et Albert Uderzo, "Astérix et les Normands", l'histoire a été enrichie dans sa partie nordique pour en faire "Astérix et les Vikings". C'est l'hilarante aventure des guerriers venus du Nord pour découvrir la seule chose qu'ils ne connaissent pas, la peur ! On se souviendra que le champion qu'ils choisissent pour les initier est bien ce jeune "chébran" de Lutèce, Goudurix.



Dans le long couloir sans fin qui traverse tout le bâtiment, Stefan et Jasper, les deux réalisateurs ont punaisé toutes les étapes du story-board, scène par scène. Et nous voilà, écoutant les détails des mouvements imaginés par les Danois entre les dizaines d'images crayonnées qui s'alignent sous nos yeux. Albert acquiesce le plus souvent, se fait traduire les phrases dites en breton avec l'accent du nord. Uniquement pour être sûr d'avoir bien saisi, naturellement. Et paf (n'oubliez pas que les patronymes masculins "normands" selon René Goscinny se déclinent en "af") et pif et chtac, les onomatopées étant internationales, le groupe qui stationne dans l'immense corridor (et gêne tous ceux qui voulaient travailler) s'en donne à cœur joie. Quelques détails sont précisés, le trajet d'une lance, notamment, qui semblait pouvoir blesser notre Obélix qui est irréductible mais pas invincible. Chez Astérix, on a suivi des cours de balistiques, on ne peut pas nous tromper.
Le bon esprit et le respect du travail des auteurs d'Astérix, patent chez nos voisins scandinaves, nous ont permis, lors de cette première visite, de mieux apprécier l'ambition exceptionnelle qui guide cette production. Ce projet s'annonce bien comme le grand film d'animation qui manquait à la carrière des Gaulois. Le prochain enregistrement des voix anglaises qui structureront le travail des animateurs se fera fin janvier 2004 à Los Angeles. Le casting s'annonce prestigieux. Plus d'informations à suivre, naturellement. Et vive Grossebaf !
Sortie prévue en 2006.
  



 

mercredi 3 décembre 2003

Astérix en XXL

Jeux vidéo

 
C'est bien le minimum, nom d'un babaorum ! Les Gaulois se lancent, en effet, dans la confection d'un jeu vidéo en très grande taille : "ASTERIX et OBELIX, XXL" produit par Atari.
Sous l'égide de l'équipe mondialisée de Lugdunum, un studio, connu sous le nom de code "Etrange Libellule", a développé un jeu véritablement époustouflant. Les spécialistes lui ont décerné des notes excellentes, bien supérieures à celles obtenues précédemment. Astérix et Obélix sont rassurés parce que, franchement, ils se demandaient, comme des acteurs de théâtre antique, s'ils avaient été bons.
Ils se sont investis à tous les niveaux : recherche des costumes, accessoires (notre Obélix porte notamment un bracelet digne des lutteurs antiques) et conseils en massacres divers. Ils se sont vraiment appliqués à être à la hauteur de leurs exploits en bande dessinée. Il faut dire que la mission dont les créateurs du jeu les ont chargés est, éternellement, capitale : retrouver les membres du village que nous connaissons bien qui ont été enlevés par les troupes de César et disséminés dans tout l'Empire.
Ce jeu est un régal pour les petits (à partir de 7 ans) et les grands : les personnages en 3D sont réellement charismatiques et occupent vraiment l'écran, à faire pâlir d'envie les "zôtres" vedettes de jeux vidéos. Les castagnes sont dignes des albums, le fait de pouvoir alterner Astérix, Obélix et Idéfix est un vrai plus pour le "gaimeur", nom gaulois des adeptes de ce sport à consommer avec modération. Et enfin, glisser sur le ventre d'Obélix est un grand moment, nom d'un "dévédérom"!

mercredi 3 décembre 2003

Albert Uderzo lithographe

Les collectionneurs

La semaine dernière, Albert Uderzo a eu le trac. Si, si, après bientôt soixante ans de carrière, le fait de travailler à mains levées sur une grande pierre grainée pour l'occasion représentait un défi pour lui. Mais, bien vite l'exercice l'a séduit. Il s'est transformé en graveur sur pierre, en décorateur de menhir en quelque sorte.

Après avoir préparé rapidement sa mise en scène à l'aide d'une sanguine, (cet homme travaille très vite et ne fait quasiment jamais de brouillon, pas de gâchis avec lui), il a travaillé son dessin au crayon bien gras taillé par le lithographe.

Réalisé pour les fans du Gard, la Bulle à Nîmes, ce dessin fera l'objet, avant la fin de l'année, de soixante lithographies signées par l'auteur qui raviront les plus fous des collectionneurs. Les photos réalisées pendant l'opération témoignent du côté merveilleusement artisanal de cette technique inventée longtemps après nos Gaulois, en 1798. Le procédé demeure plus fou que révolutionnaire aujourd'hui.

(Cliquez sur une image pour obtenir un agrandissement...)

Moi, je leur ai demandé la pierre elle-même, ils n'ont pas voulu me la donner. Tant pis pour eux, je leur envoie Obélix un de ces quatre matins, ils vont moins faire les fiers !!!

mercredi 3 décembre 2003

Les Romains étaient malins

Revue de presse

Les héritiers de Jolitorax viennent de découvrir à Londinium, de l'autre côté du tunnel, un pied de légionnaire romain en bronze, daté du IIème siècle, doté d'une caractéristique qui a intrigué les druides contemporains : sous la célèbre sandale, une chaussette !
On pourra discourir sur le styliste antique qui a eu cette idée, car franchement, la chaussette sous la sandale, c'est un peu plus que laid, mais, il nous faut avoir un peu de compassion pour le pauvre légionnaire, habitué au confort de la botte italienne, qui devait affronter les rudes hivers bretons.