Nos envoyés spéciaux nous rapportent, en exclusivité, les faits suivants. Dimanche 13 juin, un homme en costume bleu s'apprête à franchir le très bel arc de métal que forme un des détecteurs de l'aéroport de Nuremberg, Allemagne. Ayant posé sa petite besace sur le tapis roulant, il s'engage courageusement à franchir le portique moderne, lorsqu'un douanier germain manque de s'étrangler. L' objet volumineux et anormalement rond qu'il découvre sur son écran de contrôle déclenche des bips en même temps que son inquiètude. L'homme en costume bleu s'étonne du courroux provoqué par sa charmante besace... Affolement, gesticulations...
Miss Flo, une des deux Albert's Angels chargées de mission par le Village, a alors le bon réflexe (qui lui vient certainement de ses racines celtes, loin à l'est de Lutèce) de prononcer le mot magique: "Max und Moritz prize"....! Le sourire et l'enthousiasme qui illuminent alors les visages de nos douaniers goths sont à l'unisson de l'accueil qu'avait réservé la ville d'Erlangen à Albert Uderzo, l'homme en costume bleu, à l'occasion de l'édition 2004 de son grand Festival de la BD.
Accueilli en héros par la ferveur de toute une ville, une profession et des milliers de fans qui devaient tous penser qu'Albert Uderzo était devenu un être en voie de mythification, voire même qu'il ne pouvait pas être là, ici, à Erlangen, en chair et en os, non je rêve, c'est un clône, c'est sûr, puisque je l'ai déjà croisé au Panthéon céleste des grands héros populaires et de leurs auteurs... Et pourtant, c'était vrai, à la demande des organisateurs du Salon 2004 et grâce à l'organisation en tenaille (ignorée des Romains qui lui préfèrent celle en tortue plus esthétique) d'Ehapa et des Editions Albert René, Albert Uderzo était venu partager un peu de cervoise et quelques bons mots avec ses amis, les Goths.
Le feuilleton photo ci-joint présente les principaux évènements forts de ce week-end pas comme les autres. Reçu par le Maire spécialiste de la création de valeur (principalement pour ce qui concerne son livre d'or et ses albums d'Astérix) en grande pompe, Albert a affronté ensuite les médias allemands, médusés, avec sérénité et humour. A 77 ans, il a démontré qu'il jouait les deux mi-temps sans pause et qu'il faudrait compter avec lui longtemps. D'ailleurs il a tenu à faire la compétition avec Vicar, le dessinateur de Donald, revenu spécialement à Erlangen pour le revoir. Ils ont, ensemble, dessiné la rencontre entre Astérix et Donald sur un paper-board qu'un petit fûté a emporté pour 2500 euros au profit de Stiftung Lesen!
Dans la soirée, la remise du "Max und Moritz prize", super-bipeur d'aéroport, a déclenché dans la salle du théâtre Markgrafentheater d'Erlangen une standing ovation de dix minutes pour Albert Uderzo qui n'est pas prêt de l'oublier. D'autant que, facétieux, ses deux personnages célèbres avaient fait le voyage, pour se dégourdir les jambes en attendant le nouvel album et pour lui faire une surprise. La question qui demeure est : comment Obélix a-t-il pu franchir le détecteur sans en faire une sculpture compactée de César...?
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Doubleclix, rédac'chef 
PS: L'opération QUADRICHROMIX est déjà un succès en librairie avec 220 000 exemplaires des premiers albums. Non, Josette, tu ne toucheras plus jamais à mes nouveaux albums, JAMAIS!